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29.03.2008
Wow, 1/4 de siècle!!!!
23:53 Publié dans 8 tease | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : usa, disco, 25 ans
22.03.2008
Lumière de Pâques
14:59 Publié dans !Bonne Pioche! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : usa, rock, proselytisme
14.03.2008
J'en ai maaaaaaarre!
15:20 Publié dans Bad Mood | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, pop, colère
10.03.2008
Bientôt la fin du désert...
14:28 Publié dans Bad Mood | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : france, bretagne, piou-piou
09.03.2008
Youpi, c'est lundi!!!
09:16 Publié dans 8 tease | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bonne humeur, paris
08.03.2008
ZEmLesBitEuls - RUBBER SOUL
Un site à venir, propriété de DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK, concocté par Dav’65 & The Do-It-Yourself Zone S_Team, sous la direction artistique de Ms Clarabella PINTAGORE vous propose son regard sur Les Beatles et les sixties, notamment à partir de sa rubrique ZEmHISTO concentrée autour de la période comprise entre les mois d’octobre 1965 et juin 1967.
En voici un aperçu, gracieusement mis à disposition des amateurs de la ‘RICCI ATTITUDE’.
Trois albums majeurs, produits par Les Beatles entre 1965 et 1967, marquèrent un tournant irrémédiable dans l’élaboration de musiques populaires. Ils conduisirent à faire d’un divertissement de masse un genre aux prétentions artistiques. Portée par la renommée mondiale du plus grand groupe des sixties, cette mutation débuta avec l’album « RUBBER SOUL », se poursuivit avec « REVOLVER », pour atteindre son apogée avec « Sgt. PEPPER'S LONELY HEARTS CLUB BAND ».
Voici comment… TOME 1:
L'album fut principalement enregistré au cours des mois d'octobre à novembre 1965, à l'exception des morceaux Wait et Run For Your Life ébauchés par Les Beatles au mois de mai, durant la réalisation de leur précédent album "HELP!".
ªPlay list
-
Drive My Car - Norwegian Wood (This Bird Has Flown)
- You Won't See Me
- Nowhere Man
- Think For Yourself*
- The Word
- Michelle
- What Goes On#
- Girl
- I'm Looking Through You
- In My Life
- Wait
- If I Needed Someone*
- Run For Your Life
Le soin porté à la production (le travail en studio des enregistrements et des arrangements) confère à l'album "RUBBER SOUL" toutes les qualités qui perdurent à l'écoute de ses titres, bien des années après. Les innovations qu'il contient, techniques et musicales, vont bouleverser la production de musique populaire ; en la matière, il y a un avant et un après "RUBBER SOUL". Bien davantage, l'ensemble, par son équilibre et sa cohérence touche à l'universel, à l'intemporel. Ce que Les Beatles ont entrepris de rechercher dans "RUBBER SOUL", c'est un travail léché, mettant en valeur des titres aux contenus approfondis, unis sur un même support : le format album.
Après les cris d'alarme, jetés dans les albums précédents "BEATLES FOR SALE" et "HELP!", Les Beatles s'engagent dans une profonde rupture avec leur image première, légère, insouciante et yéyé, celle-là même qui les a porté au sommet de la popularité.
Tous les morceaux sont des originaux signés Lennon/McCartney, Harrison* et Lennon/McCartney/Starkey#. Pour la play list de "RUBBER SOUL" le groupe renoue avec les prétentions qui présidèrent en 1964 à la réalisation de l'album "A Hard Day's Night" : il n'y figure aucune reprise. Les passages obligés de la charmante ballade et du fabulous-tube-qu'on-attendait sont observés, mais ces concessions sont enveloppées de morceaux aux arrangements surprenants, à la limite du cassage d'image.
Des textes plus personnels appellent des illustrations musicales singulières, centrées sur l'univers ou le propos évoqués. Les parties vocales, très pointues, sont particulièrement mises en avant. Cette prédominance du texte sur la musique, Les Beatles l'ont héritée de l'américain Bob DYLAN qu'ils rencontrèrent une toute première fois à l'hiver '64, lors de leur tournée aux USA et avec qui ils finirent par se rapprocher durant l'année 1965. Avec Bob DYLAN, Les Beatles découvrirent aussi l'herbe de cannabis qu'ils consomment abondamment depuis. L'influence de DYLAN s'exerce déjà sur eux à plus d'un titre quand ils écrivent des morceaux tels que I'm A Loser (BEATLES FOR SALE - 1964) et You've Got To Hide Your Love Away (HELP! - 1965).
Différentes influences musicales percent à travers le son Beatles. La vivacité de Drive My Car doit beaucoup à la patte américaine du "Motown". Norwegian Wood introduit une tonalité orientale avec l'utilisation d'un sitar. L'effet fuzz utilisé sur la basse de Think For Yourself répond à la distorsion du morceau des Rolling Stones Satisfaction (I can't get no). Des accents de folk américain enveloppent What Goes On, Run For Your Life et I'm Looking Through You. Un instrumental, Twelve-bar Original avait été envisagé pour être finalement laissé de côté.
ZEm Les BitEuls ä
BABY, WHO CAN DRIVE MY CAR ?
Les Beatles ! En cette fin d'année 1965, le groupe anglais trône en tête de tous les palmarès connus.
Si leur succès tient aux talents véritables et aux personnalités de la formation créée par John LENNON, rien n'aurait pu se faire avec autant d'ampleur sans la formidable orchestration médiatique pilotée par leur manager Brian EPSTEIN (dirigeant de la société NEMS enterprises), ni la fine direction artistique de Dick JAMES (co-directeur du catalogue éditorial des titres de Lennon/McCartney, la Northern Songs Ltd). Mais encore les qualités de producteur déployées par George MARTIN supportèrent tout cet élan. Personnage à part au sein de la firme EMI qui lui a confié les commandes de sa filiale, le label Parlophone, George MARTIN eût tôt fait de percevoir tout le potentiel des quatre garçons de Liverpool et de lui donner des ailes. Son rôle de producteur s'assoit sur de solides compétences musicales, une oreille éclectique, un sens aigu de l'orchestration et un caractère bien trempé.
George MARTIN comprend dès le premier abord qu'aucune "voix" ne se singularise particulièrement dans le groupe selon les critères hérités des fifties ; il leur fait jouer à fond la carte des choeurs à l'appui du chant principal. Le son Beatle ! C'est sa trouvaille.
Comme les garçons sont très attentifs à ce que le producteur capte de leurs prises studios, George MARTIN les fait accéder aux ressources du lieu, entrant peu à peu en collaboration avec ces auteurs et interprètes dont la prolifique créativité ne manque pas de le surprendre. La réalisation de "RUBBER SOUL" est, en ce sens, une véritable première dans la production de musique populaire : le producteur et les artistes y travaillent de concert. Cela tient déjà de l'ambition d'un groupe talonné par l'explosion de "nouveaux" talents. Les Beatles veulent marquer le coup en réalisant "le meilleur disque qui soit" (sic). De plus, cette urgence où ils se trouvent à produire de nouveaux titres oblige encore artistes et techniciens à rapprocher de facto, les temps de création et de réalisation, jusqu'à les confondre.
George MARTIN comprend alors que les quatre plages du plus long format 45 tours (EP - quatre titres) ne suffiront pas à faire valoir l'étendue de leurs aspirations. Seul le format album leur permettra de développer plus complètement l'éventail de leurs talents, de les décliner sur une plus large palette, comme personne encore dans leur genre, tout en les concentrant sur un seul et même objet. Aucun extrait en 45t n'est donc prévu. "RUBBER SOUL" ne sera pas une compilation de succès. "RUBBER SOUL" crée le concept d'album en tant qu'entité.
This Bird Has Flown, le premier nouveau morceau enregistré pour l'album et le suivant Drive My Car pour lequel les portes du studio durent rester ouvertes jusqu'à minuit (!) illustrent parfaitement cette nouvelle dynamique. Les titres des Beatles portent déjà une belle signature (dites : “fabuleuse”…), faite d’étonnantes recettes et d’agréables surprises. Cette signature va maintenant pouvoir s’enrichir d’un véritable travail d’équipe, dans la création comme dans la production. Chacun des nouveaux titres appelle un traitement particulier, mais doit s'inscrire dans une logique de cohérence de l’ensemble. CQFD.
ZEm Les BitEuls ä
LOOKING THROUGH YOU
Jusque là, Les Beatles étaient toujours apparus comme un ensemble, un tout uniforme : mêmes coupes de cheveu, mêmes costumes, mêmes bottines... Le mimétisme fonctionnait d'ailleurs à plein régime et souvent de leur propre fait, bien qu'il résultât de la stratégie voulue par leur manager Brian EPSTEIN, et ce, dès les tout débuts du groupe.
Durant l'élaboration de "RUBBER SOUL", une manifeste distanciation des Beatles d'avec leur image proprette coïncide avec l'émergence de considérations plus personnelles, propres à chacun des membres du groupe, au premier rang desquels John LENNON dont le leadership lui échappe peu à peu au sein de la formation. La position de leader historique du groupe jusqu'alors dévolue à LENNON perd de sa superbe dès janvier 1964, avec la parution en face A du titre Can't Buy Me Love, en majeure partie écrit par Paul McCARTNEY, tandis que celui de LENNON You Can't Do That est relégué en face B du même single. Mais c'est quand Paul McCARTNEY se rapproche du producteur George MARTIN, pour "son" titre Yesterday, que cette position est relativement mise à mal. S'ajoutant aux difficultés croissantes dans la vie privée du couple LENNON, cette fragilisation affecte John depuis l'hiver '64. D'où les précédents titres I'm A Loser et surtout Help! qui conduisent à l'écriture pour "RUBBER SOUL" de la magnifique pièce intimiste qu'est In My Life.
Autour de l'album, deux morceaux furent extraits des sessions pour ne paraître qu'en simple : We Can Work It Out et Day Tripper. Outre la difficulté qu'il causa pour décider lequel est une face A, le rapprochement de ces deux titres sur un même disque permit de distinguer plus nettement qu'auparavant les individualités respectives de Paul McCARTNEY, principal auteur du premier, et de John LENNON, principal auteur du second. On y percevait un McCARTNEY optimiste et un LENNON impertinent. Paradoxalement, si l'on se rapporte aux contenus de ces titres, ils présentent des images inverses de celles ordinairement attribuées à leurs auteurs. We Can Work It Out est en effet une œuvre intimiste, caractère que l'on reconnaîtra plus fréquemment à LENNON par la suite ; un titre que Paul McCARTNEY écrit en outre à la première personne. Tandis que Day Tripper a les accents poppy et le propos narratif que l'on considère davantage comme étant l'apanage de McCARTNEY.
Si le morceau de LENNON figure en face B, cette fois il n'est pas question de hiérarchie, mais d'une forme d'autocensure. Day Tripper contenait trop d'allusion à l'usage de stupéfiants pour figurer en face A!
Les deux titres connaîtront finalement un égal succès dans les charts - peut-être parce qu'ils n'intéressèrent pas les mêmes publics...
Dans leurs compositions comme dans leurs attitudes, l’un et l’autre des auteurs apparaissent, indépendamment l'un de l'autre, plus identifiables. Toutefois, si les titres I'm Looking Through You et Nowhere Man donnent à penser que McCARTNEY et LENNON s'interpellent à travers eux, c'est encore une franche collaboration qui anime les auteurs durant les sessions de "RUBBER SOUL" ; une collaboration dopée par une formidable émulation.
Le grand changement qu'amène "RUBBER SOUL" à ce moment de leur histoire, c'est pour eux de devoir composer à huis clos, dans le confinement du studio ou chez l'un, chez l'autre, dans des intervalles plus dilués qu'aux temps frénétiques des banquettes de bus et des coulisses de salles de spectacle. John comme Paul y mettant chacun à l’épreuve sa touche personnelle, leur complémentarité entre à ce moment en pleine maturation.
ZEm Les BitEuls ä
IF I ONLY NEEDED SOMEONE FOR A NORTHERN SONG
L'affirmation des individualités profite grandement à George HARRISON.
George HARRISON est le cadet du groupe et fut longtemps considéré comme tel, point. John comme Paul reconnaîtront volontiers avoir entretenu de leur propre chef cet état de fait. Mais l'implication du guitariste dans le succès du groupe est une réalité d'évidence. Musicalement, la richesse des modulations mélodiques et rythmiques, l'art du contrepoint et le peaufinage de leur son, qualités qui distinguent le groupe de tout autre, doivent beaucoup à la ténacité appliquée du Lead Guitarist. Il est l'instigateur de nombreuses "bascules" mélodiques audacieuses et anticipe souvent les "ponts" nécessaires à la structure pop des morceaux. Un héritage tout droit tiré de l'Américain Chuck Berry, mais un héritage assimilé, empreint d'une touche très personnelle. Et puis, il y a leur attrait commun pour les cadences ternaires, une distinction qui fit la différence dès le périple hambourgeois du groupe, en 1961. George l'imprime sur le pont de We Can Work It Out.
Celui qui avait été cantonné dans l'image du studieux-ténébreux-pince-sans-rire sort de sa réserve et prend place aux côtés du tandem Lennon/McCartney, la paire d'auteurs la plus prisée de la planète. Pour Harrison, cela relève bien sûr de la gageure. Or, au moment où le poids de leur popularité l'incommode, lui aussi, un tel défi peut encore le réconcilier avec le destin du groupe. Un destin où George HARRISON veut pouvoir développer ses qualités d'auteur à part entière.
Sur l’album "RUBBER SOUL", Harrison signera deux titres majeurs (et non plus accessoires, comme il lui était tacitement imparti d’intervenir auparavant). Sa fibre musicale le portera en outre à orienter les arrangements vers des expériences inédites, tels que des pédales d'effets sur les guitares à quoi Brian JONES des Rolling Stones l'a initié, ou des phrasés singuliers - comme les boucles qu'il déroule en spirales obsédantes dans If I Needed Someone.
Après avoir été "couvert" par l'amitié de Paul, c'est de John qu'il est le plus proche désormais. Avec lui, il consomme du LSD, creusant l'écart dans leur perception des choses avec les deux autres. Cette complicité les porte à glisser de plus en plus d'allusions, à peine voilées, à la fumette ou aux substances hallucinogènes... le fameux "état d'amour" dont la frange la plus marginale de la jeunesse, celle des Beatniks, se fait des gorges chaudes. Ainsi, dans la phrase « But you see, now I'm too much in love », le mot "Love" doit s'entendre selon le sens que lui donnent les adeptes de la "planante" : l'extase psychédélique. La phrase générique du titre devient alors limpide : « If I needed someone to love, you're the one that I'd be thinking of, if I needed someone! »
Dès la première semaine d'enregistrement, les titres de "RUBBER SOUL" s'en donnent à cœur joie : une première version, très lascive de I'm Looking Through You est ébauchée, le sitar fait son apparition dans le planant Norwegian Wood (This Bird Has Flown), Day Tripper et If I Needed Someone occupent tout le premier week-end autour de l'introspectif In My Life, enfin Girl et ses aspirations appuyées vint clore le tout.
ZEm Les BitEuls ä
WHAT da hell GOES ON ?
Dans ce concert de voix au chapitre, Ringo fait une entrée plus timide, mais non moins remarquée!
Sa popularité est telle que le titre What Goes On ? fait un carton aux USA, occultant presque le Nowhere Man que CAPITOL RECORDS a pourtant placé en face A... et comptabilise comme tel dans les US-charts du début de l'année 1966. Pour lui aussi, la célébrité est à double tranchant. Il est identifié comme "le bon gars rigolard" et n'est guère pris au sérieux comme batteur !
What Goes On ? Ringo se pose sans doute la question car, vu de l'intérieur, le groupe paraît sur le point d'imploser après le tumulte de leur dernière tournée intercontinentale - dont le point culminant fut le concert au William A. SHEA Stadium de New York. A l'automne 1965, Richard STARKEY en vient même à douter de la qualité de sa prestation. Avec ça, George et John sont en plein délire, Paul s'étourdit dans l'underground londonien pour mieux se préserver des aléas de sa vie sentimentale avec la comédienne Jane ASHER, qui lui préfère ostensiblement sa propre carrière théâtrale. Maureen COX est enceinte et voudrait bien que Ringo l'épouse...
Le bénéfice des vacances du mois de septembre semble déjà loin derrière. La pression médiatique et commerciale a repris le dessus. Une distinction hautement honorifique, la médaille de Membre de l'Empire Britannique, doit leur être remise par Sa Majesté La Reine pour services rendus à la balance commerciale du pays, du fait des royalties générées par leurs succès... et tous les produits dérivés. Mais Brian EPSTEIN trépigne.
En Angleterre, aucun nouveau titre n'est sorti en simple depuis Help!, à la fin du mois de juillet. Et aux USA, le seul titre qui les maintienne en lice dans les bacs durant les mois de septembre et octobre est Yesterday interprété par Paul... un solo! En Europe, les maisons d'éditions musicales sortent des compilations pour faire attendre la demande.
On murmure que c'en serait bientôt fini des Beatles à la place incontestée de n°1 mondial.
ZEm Les BitEuls ä
NOWHERE MAN IS REAL!
L'intrusion du contexte social apparaît dans "RUBBER SOUL".
Les Beatles avait pourtant reçu de leur manager Brian EPSTEIN la consigne expresse de ne rien commenter à chaud de ce qui constituait l'actualité de l'époque (riche en bouleversements sociaux). Dès 1964, ils n'avaient cependant pas pu réfréner publiquement leur indignation quand, lors de leur tournée nord-américaine, ils constatèrent que les publics noirs étaient séparés des publics blancs dans les états du sud. Les Beatles furent d'ailleurs les premiers artistes blancs à reconnaître et saluer (avec l'album "BEATLES FOR SALE") les influences de la musique noire américaine sur leur propres compositions.
Jusqu'à Help!, Les Beatles comme tant d'autres avait acquis leurs succès sur la base d'un vocabulaire plutôt redondant, non dénué de codes, mais de codes attendus. Une quinzaine de mots et quelques rimes suffisaient à être au rendez-vous de la popularité. Les Beatles eurent, très tôt, quelques originalités pour sortir du "Baby / maybe". Ils changeaient l'angle de vue. Exploitant les richesses du langage populaire pour établir le contact, mais variant les registres de narration dans une langue fluide au vocabulaire juste et concis, ils élargissaient le champ des possibles déclinaisons du brâme juvénile... She Loves You fut une de ces trouvailles singulières et I Want To Hold Your Hand la plus parfaite concession aux contraintes du genre. Mais depuis les pamphlets de Bob DYLAN, il leur était impossible de se cantonner dans de telles niaiseries.
Les titres Nowhere Man et Think For Yourself, respectivement de John et George peuvent s'entendre comme une possible déclinaison de la socratique diatribe « Connais-toi toi-même ». A l'adresse du public en tout cas, le message est clair : ne nous prenez pas pour des gurus, pensez par vous-mêmes ! Les Beatles sont encore bien loin du parti pris qu'ils clameront avec All You Need Is Love en 1967, mais le titre The Word en est évidemment l'un des prémisses. Dans "RUBBER SOUL", ce qu'ils prônent, ce qu'ils affirment en cet hiver 1965, c'est le Carpe Diem que réclame toute une génération nourrie de préceptes existentialistes. « Now that I know what I feel must be right / I mean to show everybody the light... » Un Summer Of Love est bel et bien en germe, à ce moment, dans ce qui constitue l'underground des grandes métropoles occidentales autour du pop'art et de la pop music.
Nowhere Man, Think For Yourself... une phrase dite en deux titres. Quand on sait l'attention portée par Les Beatles à l'ordonnance des titres sur leurs albums, il est impossible de n'y pas voir un message, quasi subliminal, à tout le moins subtilement formulé en direction... de Brian EPSTEIN, le manager qui leur impose des œillères ?... de Paul McCARTNEY qui semble se contenter de ce statu quo ?
ZEm Les BitEuls ä
... SONT DES MOTS QUI VONT TRES BIEN ENSEMBLE, TRES BIEN ENSEMBLE...
L'esprit de dérision et l'humour des Beatles enrobés de quelques volutes de fumée illicite, les poussent à disséminer de-ci delà au fil des textes des allusions au sexe, à la drogue, à la culture pop.
Car c'est bien un Paul charmeur de jupons qui susurre ces mots en langue française, dans le titre Michelle, dont la genèse du titre remonte aux temps des soirées du Liverpool Institute. A l'époque, McCARTNEY chantait un truc pseudo français, pour la simple raison que les égéries de cette époque étaient les "exis" connus des Anglais, Sacha DISTEL et la diva bohème Juliette GRECO. Effet garanti sur les minettes de la promo ! LENNON le lui rappela et la chanson prit un tour nouveau.
C'est bien "tu peux me sauter" que signifie "Baby, you can drive my car" en vieux langage blues.
C'est bien le Road Runner des cartoons qui fait BEEP-BEEP! BEEP-BEEP! avant le jovial YEAH! de Day Tripper... dont la protagoniste est bien une droguée du dimanche qui se tape un trip d'un jour, comme d'autres ne conduisent que le dimanche, dit-on. Il n'est donc pas certain qu'elle ait jamais pris un "Ticket To Ryde" (sur l'île de Wight). Mais par "she's a big teaser" (c'est une vraie taquine), il faut sûrement entendre que "she's a prick teaser" (c'est une chauffeuse de bites).
C'est bien TIT-TIT-TIT-TIT-TIT (nichon-nichon-nichon) et non le jazzy dit-dit-dit-dit qui ponctue le phrasé de Girl. Mr. MARTIN n'y a vu que du feu !
C'est bien un feu vengeur et ravageur qui embrase les boisages norvégiens de l'allumeuse allumée, mais d'autres oreilles peuvent entendre, "alors, je m'allumais un joint / c'est pas bonnard ?" dans "so, I lit a fire / isn't it good" sur Norwegian Wood.
Toutes ces allusions et jeux de mots sont amenés de telle manière que le grand public ne s'aperçoive pas qu'ils sont en fait destinés à accrocher un autre public initié, branché, décalé. Une apparente clandestinité par quoi le groupe se rappelle au bon souvenir de ses tout premiers admirateurs, les bad boys et autres énergumènes noctambules, étudiants des Beaux-Arts, rockers de trottoirs... Un esprit underground qui leur assure l'adhésion du public londonien le moins conventionnel.
ZEm Les BitEuls ä
ALL ABOUT THE GIRL WHO CAME TO STAY
Depuis qu'une amertume et une distance nouvelles résonnent en choeur avec l'entrée des Beatles dans l'âge adulte, dérision, humilité et gratitude font irruption dans le vocabulaire "amoureux" de leurs titres.
Sans en avoir l'intention délibérée, les Beatles invitent leur public à grandir avec eux.
C'est une évolution, pas un bouleversement.
La variante vient essentiellement du texte, approfondi, et des arrangements pour le mettre en valeur.
Auparavant, dans les fifties, le Rock'n'Roll avait su fournir à toute une génération de fripons, un langage et des signes qui leur soit propre et, par voie de conséquence : obscur pour les adultes. C'était une réponse comme une autre faite à l'hypocrisie puritaine qui les dominait et contraignait les "jeunes gens" à recourir à la clandestinité, à son cortège de codes, de truchements, de bravades de l'interdit, avant d'oser enfin se livrer à "la chose" (sexuelle) ou de seulement pouvoir l'évoquer. Les premiers titres des Beatles ont forgé leur succès en grande partie, si ce n'est tout simplement parce que leur contenu accompagnait tous les aspects de la sexualité des teen-agers ; surtout autour de la "première fois" - rencontre, confidences, drague, premier rencard, etc. Autant de thèmes que Les Beatles ont su exprimer de façon plutôt moins rebelle et souvent moins crue que certains rockers. La versification de leurs débuts était déjà plus subtile, mais sans grande finesse. Pas besoin. Tout groupe rock digne de ce nom se devait de détenire les maîtres-mots du "Book Of Love".
Avec "RUBBER SOUL", une tonalité masculine moins péremptoire écorne le modèle macho en vogue. Une place est alors possible pour des sentiments plus nuancés... déception, jalousie, abandon, nostalgie. La transition est perceptible sur l'album avec le rattachement à sa play list des titres enregistrés en mai '65 (pour l'album "HELP!") : Run For Your Life et Wait. Ces deux-là sont encore empreints des vieilles recettes. Run For Your Life aborde le thème du Jealous Guy et Wait a tout du morceau destiné aux fans.
La rupture vient davantage de morceaux comme Drive My Car (un point de vue féminin plutôt débridé), What Goes On ?, You Won't See Me et I'm Looking Through You (l'amoureux désarçonné, l'abandon), Michelle (nostalgique gratitude) et bien sûr Norwegian Wood et Girl qui mettent en scène des femmes indépendantes, dominatrices.
« I once had a girl, or should I say: she once had me... »
ZEm Les BitEuls ä
THERE IS NO ONE COMPARES WITH YOU
Les répercussions de "RUBBER SOUL" sont multiples.
Émerveillé par You've Got To Hide Your Love Away, son propos intime, sa flûte basse... le bassiste et auteur des Beach Boys, l'américain Brian WILSON planche sur un projet d'album au contenu lui aussi profondément intimiste quand celui des Beatles sort en décembre 1965. A l'écoute de "RUBBER SOUL", il change radicalement d'orientation dans son travail de production et composera cette perle de musique pop qu'est l'album "PET SOUNDS". De leur côté, Les Beatles sont en train d'achever "REVOLVER", au printemps '66, quand "PET SOUNDS" paraît le 16 mai. La qualité sonore de "PET SOUNDS" les oblige à pousser plus avant l'investissement des ressources du studio, jusqu'à produire des morceaux incompatibles avec leur interprétation sur scène. La boucle est bouclée quand les bruitages insérés dans "PET SOUNDS" inspireront ceux du "Sgt. PEPPER LONELY HEARTS CLUB BAND", en 1967.
La principale innovation qu'amène "RUBBER SOUL" dans la production de musique populaire aura été d'imposer le format album comme support privilégié de ce genre d'expression artistique... jusqu'à ce que l'on appellera peu après le concept-album, un album centré autour d'un même sujet.
La pochette de "RUBBER SOUL" est considérée comme la première pochette de facture pop'art, avec sa photographie "grand angle" des portraits déformés façon oeil de bœuf (clin d'oeil psychédélique à la pochette du "SUBTERRANEAN HOMESICK BLUES" de DYLAN), associée au jeu de mot contenu dans son titre (Rubber sole = semelle de caoutchouc, très décontractée des baskets ; Robber soul = âme de brigand) inscrit en lettrines poppy et occultant jusqu'au nom du groupe. La contre-plongée souligne la posture nouvelle des Beatles qui prennent de la hauteur et portent sur nous un regard... embrumé.
La prédominance du texte sur la musique engageant une écoute plus réflexive rompt définitivement avec la frénésie yéyé portée essentiellement par la rythmique des guitares électriques. Les artistes veulent capter l'attention de l'auditeur, s'adressent à lui, à sa sensibilité comme à son intelligence.
La qualité des arrangements musicaux (le travail de production), diversifiant les registres d'orchestration, vient appuyer ce parti pris d'offrir désormais davantage à écouter qu'à entendre. Ce qui ouvre la voie sur un terrain en friche pour une musique populaire aux prétentions artistiques.
ZEm Les BitEuls – RUBBER SOUL all in all ©2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
02:11 Publié dans 6 tease | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the beatles, rubber soul, 1965, sixties, psychédélique




